Mon compte-rendu et mon avis sur la Spielmesse d’Essen 2010

Le logo.

Eh voilà, nous sommes de retour d’Essen 2010, les yeux tous pétillants (avec quelques cernes aussi), le camion rempli, l’estomac fatigué et les tympans percés…

Cet article sera tout à fait dans la lignée des blogs traditionnels, il s’agit en effet d’un petit compte-rendu de mon premier voyage dans les contrées allemandes du jeu. Bien entendu, vous connaissez sûrement mon niveau de geekitude et ma passion pour les gros jeux non coopératifs. En partant de là, vous pourrez aisément tenir compte de ma subjectivité.

Toutes mes photos en bas de l’article (cliquez ici).

Alors, la première chose dont on vous parle quand vous allez pour la première fois à Essen, c’est la taille. Et comme pour la Joconde, je n’ai pas été trop surpris, vu que je m’y attendais. Effectivement, si l’on compare avec le monde du jeu, il suffit de multiplier le tout par au moins 30, je pense… Par rapport à Cannes, la surface doit correspondre à à peu près une halle allemande (il y a en a six :mrgreen: ).

Le plan des six halles.

Mais que trouve-t-on dans ces fameuses halles ? Des jeux de plateau au sens large (pratiquement 70%), mais aussi du jeu de rôle, du grandeur nature (la halle 6), des jeux de cartes à collectionner, quelques vendeurs de jeux vidéo, quelques boutiques de souvenirs notamment de la vaisselle gothique ou avec de petits meeple, style Carcasonne, et des vendeurs de hot dogs.

Exemple halle 6 – comme un troll à Trollland… (désolé)

Passons tout de suite sur l’aspect circulation dans le salon. On m’avait prévenu que ça allait être dur, et finalement, non pas trop. Alors, certes, devant certains stands aux heures de pointe, ce n’est pas facile, mais dans l’ensemble (y compris le week-end), ça allait. Il semblerait aussi que le nombre de personnes soit en recul par rapport aux années précédentes (d’après les personnes que j’ai croisées).

3 tables libres dimanche après midi…

Ce qui m’a le plus étonné : le dimanche après midi, il y avait « plein » de tables vides, tout le monde voulait faire ses courses et non jouer.

Sur l’ensemble du salon c’est-à-dire jeudi matin, vendredi après midi, samedi matin et dimanche après midi, le reste de mon temps étant passé sur le stand de Ludocortex, j’ai pu tester :

Inca Empires (3 tours)
Asara
Poseidon (2 tours)
Furstenfeld
Porto Carthago
51ème état (2 tours)
Isla Dorada
Earth Reborn
Hive
Mijnlieff
King of Tokyo
Luna

Et le soir après le salon :
Era of Inventions
7 Wonders
K2
Navigator
Tikal II

Ceci me parait vraiment très bien, compte tenu du temps disponible (même si ma liste était encore longue).

Dans les choses que je noterais, tous les animateurs ne se valent pas ! Il me semble important de le dire, car dans un salon sur lequel on peut tester des jeux et surtout les acheter derrière, l’impact doit être lourd. Je ne parle pas ici du nombre de personnes disponibles sur les stands qui étaient parfois limite limite, et c’est un euphémisme. Donc sur les onze jeux testés au salon, seul deux ont eu une explication catastrophique, mais vraiment catastrophique et c’est fort dommage. Je ne prétends pas être un expert, ni même ne jamais rater un point de règle. Mais commencer par expliquer toutes les cartes spéciales, c’est vraiment trop. Pour rappel et pour que vous diffusiez, nous avions écrit une méthode d’explication des règles ici.

Tout n’est pas si noir heureusement, et je tiens à féliciter un des animateurs de Z-Man games, qui lui connaissait ses jeux à la perfection, c’était un vrai plaisir ( et vive l’anglais).

Passons maintenant à mon avis sur ce que j’ai pu tester. Je vous propose de faire ça plus ou moins dans l’ordre de mes préférences. (Les liens vous emmènent chez notre partenaire, ou chez l’éditeur /distributeur)

La boite.

1- Luna (38.90€)

Stefan Feld est l’auteur préféré d’un ami et je n’ai donc pas pu échapper à celui-ci… Bien lui en a pris car c’est pour moi la grosse surprise du salon. Vraiment très déroutant sur les premiers tours, le jeu devient fluide et agréable par la suite.

Je le classerai dans les jeux de placement, avec une petite part d’interaction. Il y a moyen de se faire de belles crasses. Personnellement, je suis assez fan du graphisme. L’aide de jeu est vraiment complète et les pictogrammes sont très clairs. Il n’y a aucun texte sur le jeu en lui-même.

Il se présente avec un plateau au centre et plusieurs petites îles autour. Le principe est assez simple : vous avez des novices qui vont vous aider à devenir la nouvelle prêtresse de la lune. Le jeu se termine à la fin du 6ème tour. Pour effectuer des actions, il va falloir « désactiver » deux novices (action de les prendre d’une île et de les mettre à coté de celle-ci). Chaque île possède un jeton d’action que vous pouvez récupérer ainsi. Ceux-ci vont vous permettre de déplacer vos novices (il existe deux déplacements différents), de les réactiver, de construire un autel (qui offre une réduction spécifique sur l’île où il est construit)…

D’autres actions sont disponibles sans utiliser de jeton : recruter de nouveaux novices, aller au temple pour récupérer les points de prestige…

Enfin des personnages spéciaux vont se déplacer d’île en île pour vous procurer des avantages, des contraintes ou des malus.

Je suis vraiment pressé de refaire une partie !

2- Earth Reborn ( préco 53.90€)

Petit coup de cœur un peu spécial, car j’ai pu dépuncher la première boite du jeu avec Christophe Boelinger 😮 .

Ouverture boite n°1…

Voilà une boite énorme avec huit planches, plusieurs figurines, des cartes, des dés. La première édition ne sera pas très chère (59€) et je vous conseille de ne pas la rater car il n’y aura que 2000 boites en français. Un retirage reste bien sûr possible, mais soit il faudra attendre que les boites des autres langues aient été vendues, soit le jeu sera plus cher…

Nous avons joué un scénario à 4 joueurs (3 contre 1) avec les premières règles additionnelles de combat. Le jeu a l’air d’avoir de nombreux tiroirs de règles mais peut rester simple. Attention, certaines missions semblent ne pas laisser la place à l’erreur (on a perdu en 10 minutes, il fallait « juste » que notre adversaire sorte un personnage particulier), mais bon quand on est prévenu…

Je vous laisserai regarder la vidéo pour plus de détails dans cet article.

3- Tikal II (39.99€)

Toujours un cas particulier car j’avais déjà pu le tester au monde du jeu. Vraiment je trouve que le système est hyper « frais » (un mot à la mode). Je ne vais pas m’attarder trop, le matériel est superbe, mention spéciale au thermoformage !

4- 7 Wonders (35.99€)

Eh non, je ne le mets pas (plus) premier. Mais il a vraiment deux énormes qualités : le nombre de joueurs (jusqu’à 7+ :mrgreen: ) et le temps de partie (moins d’une heure) pour un jeu de « civilisation ».

Perdu ou gagné ? … :-((

Le principe du draft (note de la correctrice draft : système qui consiste à choisir une carte parmi une main et de passer le reste à son voisin, etc) est vraiment énorme. Les illustrations sont superbes, le seul point légèrement négatif étant pour moi l’intérieur de la boite, mais bon je chipote. Par contre, je crois que je me suis déjà un peu lassé du jeu après une dizaine de parties. J’ai l’impression qu’il manque un petit truc… (c’est sûrement un peu léger pour moi).

Les règles de 7 Wonders en vidéo c’est par là.

Allez, je mets un prix spécial aux deux jeux suivants et après j’arrête le classement. Des jeux à deux abstraits, mais qui m’ont vraiment bluffé, même si je ne suis pas trop le public visé (je suis plutôt gros jeux à plusieurs)…

5- Hive carbon (27.90€)

Je ne connaissais pas et j’ai découvert sur la version carbon avec les deux extensions (le moustique et la coccinelle). Une partie contre le responsable de Gen42 qui m’a gardé en vie pendant 20 minutes (faut dire qu’il discute beaucoup).

Hive en noir et blanc.

Un jeu où le principe est d’essayer d’entourer la reine de l’autre (sachant que vos propres pièces comptent aussi, chose que je n’avais pas compris…). Vous ne pouvez jamais poser une pièce à côté de celle de votre adversaire (sauf la première).

Toutes les pièces peuvent par contre se déplacer autour ou sur les autres et ce, de manière différente. Rapide, simple, efficace. Je pense que je vais le prendre sur Iphone *sifflote*…

6- Mijnlieff (10€)

Une des possibilités de plateau.

Un peu le même genre que Hive, le but étant de faire des lignes de trois ou quatre pièces de votre couleur pour respectivement un ou deux points. La partie se termine lorsqu’un des joueurs n’a plus de pion. Petite particularité, la pièce que vous jouez impose une contrainte à l’adversaire pour son prochain coup et si vous ne pouvez pas jouer, il rejoue !

Voilà un jeu dans la grande série des Kamon, Quarto… Mais là, en plus, le « terrain » n’est pas fixe. Une très bonne surprise, merci à l’animateur de m’avoir fait découvrir.

Bon maintenant, je ne classe plus les jeux n’ayant pas vraiment de préférence pour ceux-ci. Je continue dans l’ordre alphabétique.

51ème état (24.90€)

Carte triple action.

Je n’ai pas vraiment le recul nécessaire pour en parler. Toujours le thème post-apocalyptique qui peut plaire ou pas. Les mécanismes ont l’air vraiment simples, mais offrent un large choix d’actions avec trois manières d’utiliser chaque carte. J’attends avec impatience d’y rejouer.

Asara

Je pense que c’est sûrement le jeu qui avait le plus grand nombre de tables disponibles sur le salon. C’est vraiment très familial. Il existe des variantes sur le plateau pour proposer des actions supplémentaires. Le principe est typiquement un jeu de gestion de main. Votre but est de construire des tours à partir de morceaux que vous pouvez récupérer. Le système est simple : il y a plusieurs lieux, le premier à utiliser une action place une carte de couleur sur ce lieu. Il faudra rejouer la même couleur pour la réutiliser, le nombre de places étant bien sûr limité. Il existe trois types d’actions : prendre un des quatre types de pièces (fondation, sommet, vitraux, partie centrale), récupérer de l’argent, construire une tour. A la fin d’une manche, on marque des points en fonction du nombre de tours que l’on a construites et du nombre de symboles particuliers sur ces tours. Il y a aussi des bonus de « majorité » sur la taille des bâtiments et leur nombre à la fin du jeu.

Dans la partie que j’ai faite, on ne nous avait pas expliqué la règle qui permet d’ajouter des morceaux de tour. Sinon en famille, ça doit être très bien et suffisamment simple pour des enfants.

Era of Inventions (37.90€)

Voilà un jeu qui m’a très vite fait de l’œil, rien que pour le thème. C’est très plaisant de recréer des inventions. Rien de bien innovant dans les mécanismes en soi, mais tout s’articule très bien. A noter une traduction de règles qui semble un peu approximative (il manque parfois un mot). Les joueurs à ma table ont trouvé l’impact du premier joueur assez énorme, et il leur a semblé que les derniers tours semblaient déterminer le gagnant. En gros, c’est un jeu qui pardonne les erreurs. Moi, je resterai plus mesuré et je referais volontiers une partie avant de me prononcer.

Furstenfeld (34.90€)

J’avais vraiment très envie de tester le nouveau Friedmann Friese et j’ai été très déçu. J’ai trouvé le jeu plat et assez automatique. Je ne suis pas arrivé à rentrer dedans et les graphismes ne m’y ont pas aidé non plus. La seule idée qui me plait bien, c’est de devoir sacrifier des cases de champs pour gagner des points de victoire et du coup, se pénaliser pour la fin de partie. Ce principe semble équilibrer le jeu, car dans notre partie, nous sommes deux à avoir fini en même temps, sachant que les trois autres auraient vraisemblablement fini au tour suivant (en fonction de la pioche).

Inca Empires (34.90€)

(3 tours – réédition de Tahuantinsuyu que je ne connaissais pas)
Voilà un jeu où l’on développe son réseau de routes pour « conquérir » l’empire Inca. N’ayant pas fait une partie entière, je n’ai pas vraiment pu sentir si le jeu est tendu ou non. Par contre, les mécanismes sont assez simples, il semble y avoir de bonnes possibilités de blocage. Il y a un principe très agréable, qui consiste à jouer des cartes qui changent les règles sur un plateau et ce uniquement pour certains joueurs. Ces cartes peuvent être positives ou négatives, elles s’appliquent à deux joueurs. On peut donc être amené à aider un de ses adversaires.

Là aussi, j’attends avec impatience une prochaine partie.

Une carte voyage

Isla Dorada

Une chasse aux trésors pour six joueurs avec des objectifs cachés, seul petit problème, vous devez vous déplacer en groupe… Alors comment faire comprendre aux autres que vous devez aller ici, mais sans leur dire ?

Principe : l’expédition va se déplacer sur une carte à l’aide de divers moyens de transport. Le chef propose une destination avec une mise en carte de transport (par exemple tartempion pour un bonobo), et les joueurs suivants doivent soit accepter, soit proposer une nouvelle destination pour une mise plus élevée.

Lorsque vous arrivez sur une destination, vous révélez éventuellement les contrats réussis, ce qui vous fait marquer des points ou vous en perdez avec votre malédiction.

Ensuite, vient une phase de pioche, pour renouveler une carte de sa main et voilà. Il y a bien sûr moult cartes spéciales et deux gros monstres (trop mignons) pour bloquer certains chemins.

Le matériel est vraiment très bon, les dessins sont superbes et le jeu a l’air bien fun.

King of Tokyo (non sorti)

Je vous laisserai lire mon avis sur l’article concernant le monde du jeu.

K2 (37€)

La face facile du plateau

Habitant la Haute Savoie, la montagne j’adore ! J’étais donc très content de rencontrer un jeu qui propose de gravir le K2 (même si j’eus préféré le Mt Blanc…). Le but du jeu est d’obtenir le maximum de points avec « sa cordée ». Pour cela, vous avez deux alpinistes et vous devez les emmener le plus haut possible (y compris séparément). En début de tour, il faut choisir trois cartes puis tout le monde les révèle sa main et il y a un petit malus pour celui qui a la plus forte.

Il y a deux types de cartes : montée/ descente et santé. Il va falloir gérer ses possibilités car on ne renouvelle que trois cartes (sauf avant de brasser son paquet où il vous faut jouer les trois dernières).

Le plateau comporte deux faces de difficultés différentes et un mode familial qui permet d’être plus nombreux sur certaines cases. La météo est aussi de la partie et c’est l’horloge du jeu. Elle ralentit le déplacement ou augmente la fatigue, on peut la planifier six tours à l’avance.

Il semble qu’il y ait plusieurs stratégies possibles suivant le temps et le plateau. Du fait du nombre limité de places sur les cases en altitude, les possibilités de blocage mettent du piment au jeu et il n’est pas rare de voir mourir des personnages bloqués en haut par des gros méchants…

Un jeu sympa qui trouvera sûrement son public. Personnellement, je ne suis pas fan.

Navigator

Un très bon jeu de gestion où il faut partir découvrir le nouveau monde. La victoire est donnée à celui qui aura le plus de points, mais l’arrivée de la fin du jeu dépend des joueurs, donc à vous de voir.

Rien de bien nouveau à part ça, une roue des actions, de la découverte, un système de revenu combinant l’offre et la demande.

Vraiment content d’avoir essayé ce jeu.

Conclusion

Voilà pour le tour des jeux que j’ai pu essayer. Je regrette d’être passé à coté de ceux sur le vin, pourtant c’était prévu, en espérant qu’ils arrivent rapidement en France. Finalement, j’arrivais avec un petit a-priori négatif et pourtant, je suis vraiment très content d’avoir fait Essen et je le recommande à tout le monde !!!

Si je devais ne retenir que deux choses négatives et deux positives?

Négative :

–         Les deux explications pourries qui m’ont (presque) gâché deux parties.

–         Le niveau de bruit dans notre salle d’after (on a failli interdire aux Allemands les party games 👿 )

Positive :

–         L’ouverture de boite de Earth Reborn et la partie, parce que je pensais vraiment qu’il n’y serait pas.

–         Luna qui m’a fait une grosse impression.


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